Salaire min. de 15$ en Ontario : la démence est à nos portes

Hier, le gouvernement libéral de l’Ontario a emboîté le pas de l’Alberta et annoncé que le salaire minimum passerait de 11,40 $ à 14 $ l’an prochain et par la suite, à 15 $ de l’heure d’ici 2019.

Cela signifie une augmentation de 23 % du salaire minimum d’ici l’an prochain et de 31 % d’ici 2019.

Selon Mme Kathleen Wynne, première ministre de l’Ontario, cette mesure permettra « de rémunérer les travailleurs plus justement » dans un monde du travail en transformation.

Il est plutôt facile d’anticiper que cette décision émotive et nullement fondée sur les faits aura des répercussions extrêmement négatives sur l’économie de l’Ontario et, en premier lieu, auprès des personnes mêmes qu’elle entend aider, soit les travailleurs précaires et avec peu d’expérience.

Car voici ce que Mme Wynne vient d’annoncer : il sera désormais interdit d’employer quiconque en Ontario à moins de 17 $ l’heure environ (quand on tient compte des avantages sociaux).

Cela laisse entendre que n’importe qui, en Ontario, vaut au moins 17 $ l’heure! Vraiment? Même ceux et celles qui n’ont jamais travaillé de leur vie?

De plus, des milliers de jeunes sans expérience, d’assistés sociaux et de chômeurs doivent impérativement travailler pour demeurer employables et gagner en expérience.

Beaucoup dans cette cohorte seraient prêts à travailler pour moins afin de gagner en expérience, mais voilà : ils n’auront plus cette alternative : la fenêtre vient de se fermer.

Les détaillants qui recourent aux travailleurs à salaire minimum ne pourront en aucun cas absorber ces coûts exorbitants. Ils n’auront d’autre choix que de couper des postes ou automatiser.

Et en quoi plus de chômage et moins de services profitera-t-il  aux Ontariens?

Par ailleurs, cela fait maintenant quatre mesures absolument atroces que Mme Wynne adopte au détriment des dépanneurs ontariens :

  • une réglementation tabac et des taxes parmi les plus sévères au monde;
  • un échec lamentable pour ce qui est de la lutte à la contrebande de tabac, qui demeure à des niveaux extrêmement élevé en Ontario;
  • une libéralisation de la vente de bière et vins en épicerie qui exclut nommément les dépanneurs;
  • et enfin, la plus forte et rapide hausse de salaire minimum au pays jamais vue.

En somme, Mme Wynne nuit aux revenus des dépanneurs, ne s’attaque pas à ceux qui volent leur marché, leur empêche de profiter de sources alternatives (en en donnant à leurs concurrents) et augmente leurs coûts de manière exorbitante. Non mais, à quoi s’attend-t-elle?

Éprouve-t-elle une hargne personnelle à l’égard du commerce de proximité? Cela semble être le cas.

Fort de ces quatre prises, Mme Wynne mérite sans conteste le titre honorifique de pire première ministre provinciale au Canada pour ce qui est de l’industrie des dépanneurs.

Il ne reste qu’à espérer que ses idées mal inspirées et dépourvues de tout bon sens économique sauront demeurer à l’ouest de la rivière Outaouais.

Les dépanneurs du Québec se sentent tout à coup bien chanceux d’avoir M. Carolos Leitao comme ministre des Finances, lui qui vient d’annoncer des hausses plus modestes (16 % au lieu de 31% et plus) d’ici 2020!

Saint-Leitao, priez pour nous, humbles dépanneurs, qui ne demandent qu’à pouvoir gagner notre pain quotidien à la sueur de notre dur labeur.

 

Crédit photo : Vancouver Observer et La Presse

DepQuébec

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