VAPOTAGE: La mobilisation pour les saveurs porte fruit et bouscule l’agenda de la santé publique

Le rouleau compresseur de libertés que constitue la santé publique au Québec semble avoir frappé un écueil digne de ce nom cette année avec sa tentative avortée d’y bannir rapidement les saveurs.

En effet, la mobilisation sans précédent des vapoteurs, les appuis de médecins réputés et les arguments solides mis de l’avant depuis un an portent fruit. La combinaison de ces efforts ont sapé la pertinence de cette mesure aux yeux des députés et fait mal paraître les bonzes de la santé publique du MSSS dont l’approche repose sur le principe du « Taisez-vous et faites ce qu’on vous dit ».

C’est ainsi que dans un style on ne peut plus stalinien, Danielle McCann, ex-ministre de la Santé, avait confié en décembre 2019 au Dr Horacio Arruda, directeur national de la santé publique, le mandat de mener une « consultation » visant à resserrer la réglementation du vapotage.

Cette opération biaisée en partant, cousue de fil blanc et excluant bien entendu les vapoteurs a donné lieu à une série de recommandations sans surprise visant à restreindre sévèrement l’accès au vapotage sous toutes ses formes (voir ici), à commencer par les 15,000 différentes saveurs offertes sur le marché.

Mais plutôt que d’être avalisées comme une lettre à la poste — ce à quoi on s’attendait— le gouvernement n’a pas bougé d’un iota et ce, malgré l’engagement très ferme de Christian Dubé, nouveau ministre de la Santé, d’en faire une priorité.

Le fait qu’Ottawa ait pris la relève du dossier en déposant, le 19 juin dernier, un projet de réglement visant à bannir les saveurs (sauf deux) à travers le pays a certes fourni un prétexte en or au gouvernement Legault pour ne pas agir, du moins pour le moment.

Il reste que pour la santé publique québécoise, cette tournure prend l’allure d’un échec. Le rouleau compresseur, pour une rare fois, n’a pas su convaincre la députation québécoise d’agir dans le sens désiré et il reste maintenant à espérer qu’Ottawa ira de l’avant comme prévu pour espérer voir la mesure aboutir.

Mais c’est sans compter sur les vapoteurs qui, maintenant, savent de quoi ils sont capables…. et qui sont drôlement motivés!

christina xydous
PLANQUEZ-VOUS, ILS DÉBARQUENT! Débordante d’énergie et n’arrêtant devant rien, la porte-parole de la Coalition des droits des vapoteurs du Québec (CDVQ) et ex-fumeuse elle-même, Christina Xydous, cible et rencontre les députés un à la fois au nom des vapoteurs. Et après avoir fait le tour des députés provinciaux, la voilà maintenant concentrée sur les représentants d’Ottawa puisque la menace de prohibition réglementaire provient maintenant de Santé Canada.
Fumeurs ou vapoteurs, c’est pas pareil

De mémoire d’homme, les mesures antitabac n’ont jamais provoqué de grogne populaire ni même généré de mobilisation citoyenne dans le passé. Pour le vapotage en revanche, c’est différent.

En 2015, quand Québec a révisé la loi sur le tabac en y intégrant le vapotage, cela n’a pas changé grand chose pour le consommateur. Les nombreuses mesures adoptées ont principalement affecté les conditions de vente et la promotion du produit, mais pas sa disponibilité.

Cela dit, cette loi allait très loin et plusieurs dispositions ont été contestées avec succès par l’industrie. La Cour supérieure a en effet statué en 2019 qu’il est excessif d’interdire la promotion des vertus du vapotage auprès des fumeurs alors que cela irait dans l’intérêt public (voir article ici).

Cet excellent jugement a donné énormément de poids et de crédibilité à l’importance de faire une place au vapotage et il est honteux à cet égard que Québec ait décidé d’aller en appel pour tenter de le renverser.

Mais c’est toutefois l’intention affichée par le gouvernement d’interdire les saveurs qui a été la goutte de trop pour les vapoteurs, et de loin.

cdvq pub
Très efficaces, les interventions de la CDVQ ciblent les députés directement en les forçant à réfléchir sur la question et à regarder les faits.

De cette injustice est née la Coalition des droits des vapoteurs du Québec (CDVQ), dont la page facebook célébrait son 1er anniversaire la semaine dernière.

Fer de lance de la lutte pour les saveurs, elle mène tambour battant une campagne sur tous les fronts qui va de crescendo en crescendo depuis un an.

Ainsi, dans l’attente des recommandations d’Arruda en 2020, plus de 20,000 lettres ont été transmises aux députés par des vapoteurs plaidant pour le maintien des saveurs.

Puis, une fois connue les intentions réelles de bannir les saveurs fin 2020, de nombreux députés caquistes ont été pris pour cibles un à la fois et contactés en grand nombre dans le cadre d’une opération finement coordonnée.

À cela s’est ajouté des campagnes publicitaires, des manifestations publiques à l’extérieur, devant des locaux de ministres ou députés, d’autres envois de lettres et un bombardement soutenu de messages et d’études en faveur du vapotage.

Jamais a-t-on assisté à un tel déploiement pour un produit avec nicotine et ce, malgré la pandémie et en dépit d’une ère où tout désormais se fait généralement devant les écrans d’ordinateur.

témoignages pro-vapotage
« SI LE GOUVERNEMENT ENLÈVE LES SAVEURS, IL Y A UN RISQUE QUE JE RECHUTE AU TABAC. » — La tournée pro-vapotage en cours fait une grande place aux témoignages d’ex-fumeurs afin de montrer que la migration du tabac au vapotage n’est pas un mythe et que ses effets bénéfiques sont bel et bien tangibles.
Un enjeu énorme

Il reste que l’enjeu est énorme pour les consommateurs et l’industrie. L’interdiction des saveurs signerait à toutes fins pratiques l’arrêt de mort des 450 vapoteries du Québec ainsi que la perte estimée de près de 4000 emplois.

Les dépanneurs perdraient certes un concurrent mais sans saveur, on peut difficilement imaginer un avenir pour le vapotage.

Le coût économique est d’autant plus effarant que la contrebande et le marché noir risquent fort de prendre le relais, sachant en outre que pour ce produit, les amendes et risques de poursuites sont pratiquement nuls.

De l’aveu même de Santé Canada (voir ici), les pertes économiques engendrées par l’interdiction éventuelle des saveurs pourraient s’élever à 570 M$ d’ici 2050 en pertes pour les détaillants, l’industrie et les gouvernements.

Une grosse partie de ce marché risque alors simplement de se déplacer des vendeurs canadiens légaux aux fournisseurs étrangers, les vapoteurs étant dès lors fortement incités à magasiner sur des sites internets américains, européens ou chinois pour s’approvisionner.

Cela, sans compter bien sûr les coûts à long terme liés au renforcement du tabagisme. Car tous s’entendent pour dire que forcément, des milliers de personnes ayant abandonné la cigarette pour le vapotage risquent fort d’y retourner, avec les conséquences à long terme que l’on sait pour la santé.

richard béliveau vapotage
VOIX DISCORDANTES: La vaste mobilisation réussie de milliers de vapoteurs mais aussi, l’appui d’experts crédibles comme Richard Béliveau, un spécialiste de renommé mondiale en matière de prévention du cancer, contribuent à ébranler les colonnes du temple de la santé publique et à mettre en relief l’approche arrogante et paternaliste de leurs interventions. Source : Le Journal de Montréal, 8 août 2021
Discours à deux faces

L’aveuglement idéologique de la santé publique à vouloir restreindre l’offre du vapotage sous toutes ses formes découle en droite ligne de la politique fort controversée de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à cet effet.

L’institution qui s’est royalement plantée à empêcher la propagation de la plus grave pandémie depuis un siècle a adopté une ligne dure et rigide face au vapotage, une position loin de faire l’unanimité parmi les pays membres mais que Québec émule en tous points.

Ainsi, rejetant du revers de la main la notion sensée de « réduction des méfaits » qui préconise notamment de migrer les fumeurs vers le vapotage, l’OMS n’entend rien d’autre que l’interdiction et la prohibition à tout crin.

Cela explique pourquoi le Dr Arruda tient un discours à deux faces selon qu’il est au tribunal à répondre aux questions d’un juge ou encore, en tant que président de sa consultation bidon sur le vapotage.

Ainsi, alors qu’il a reconnu au tribunal, sous la pression du juge, que le vapotage pouvait être bénéfique pour les fumeurs, cette notion a été complètement évacuée de son rapport de recommandations.

Cela prouve hors de tout doute que les autorités de santé publique sont biaisées à l’égard du vapotage et qu’elles agissent par conviction idéologique et non selon la science.

Cette démonstration désolante de parti pris se fait bien entendu au détriment des fumeurs qui sont encore plus d’un million au Québec et pour lesquels la santé publique n’a plus aucune option à leur offrir, sinon de prohiber d’avantage l’accès au tabac.

Pas étonnant, dès lors, que la santé publique perde des plumes en terme d’influence… une tendance qui risque de se poursuivre, dans ce dossier du moins.

ostiguy vapotage
LA VOIX DE LA RAISON ET DE LA SCIENCE  — Qu’ajouter de plus à telle citation venant d’un pneumologue éminent et réputé? Source : ICI.

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