Abolir la gestion de l’offre aiderait consommateurs ET dépanneurs

Selon une étude publiée hier par l’Institut économique de Montréal (IEDM), abolir la gestion de l’offre entraînerait d’importantes baisses de prix du lait, des oeufs et de la volaille, ce qui profiterait tant aux consommateurs qu’aux dépanneurs.

Comme le tableau suivant l’indique, les prix du lait pourraient baisser jusqu’à près de 60 % dans la foulée d’une telle mesure :

Baisses de prix advenant la fin de la gestion de l'offre

Selon Michel Gadbois, président de l’Association québécoise des dépanneurs en alimentation (AQDA), une telle mesure serait bénéfique à l’industrie des 7 000 dépanneurs du Québec : « Plus la concurrence est libre, plus les consommateurs et les détaillants en ressortent gagnants » de souligner ce dernier. « L’application de contrôles, de prix minimums, de régies, de classes de prix et autres structures arbitraires visant à réguler le libre commerce représentent un coût significatif en temps, en complexité et en argent. Alléger la réglementation est une voie d’avenir que les pouvoirs publics se doivent de regarder de plus en plus pour stimuler l’économie sans alourdir la dette ».

L’étude publiée hier par l’Institut économique de Montréal (IEDM) intitulée Mettre fin à la gestion de l’offre en rachetant les quotas propose une manière originale et gagnante d’abolir la gestion de l’offre sans pénaliser les agriculteurs, soit de leur verser une compensation de 13 milliards $ sur 10 ans prélevée sur une taxe spéciale. Les économies réalisées sur le prix de détail du lait, des oeufs et de la volaille seront telles en fait qu’elles viendraient largement compenser le coût de la nouvelle taxe.

Rappelons que depuis les années 1970, les fermes opérant dans les secteurs du lait, de la volaille et des oeufs sont assujetties à la gestion de l’offre, un système qui s’appuie sur des quotas de production, des contrôles sur les prix et des barrières à l’importation afin d’augmenter le prix des denrées produites par ces fermes. Les effets négatifs de ce système sur les consommateurs ont été étudiés en profondeur, et il existe aujourd’hui un large consensus sur leur présence et leur ampleur1. La question de l’indemnisation à verser aux fermiers pour mettre fin à ce régime, elle, reste ouverte. Libéraliser les secteurs sous gestion de l’offre signifierait l’élimination des contrôles de prix, des tarifs sur les biens importés (près de 300 % sur certaines denrées) et des quotas de production, et mènerait à des gains pour les consommateurs qui se compteraient en milliards de dollars. Il y aurait cependant un coût à cette libéralisation, puisque les fermiers sont propriétaires de leurs quotas. La valeur marchande de ces actifs, telle que déterminée par les offices de commercialisation de chaque province, s’établissait à 34,4 milliards $ en 2015 (une moyenne de 2,8 millions $ par ferme). L’enjeu pour les décideurs publics est donc de déterminer la valeur de la compensation pour mettre fin à cette politique d’une façon qui est équitable pour les fermiers, les contribuables et les consommateurs.

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