Pourquoi interdire les boissons énergisantes mais pas les bananes?

Le 15 mai dernier, la municipalité de Salaberry-de-Valleyfield, près de Montréal, dévoilait une politique visant à promouvoir une saine alimention.

Quand il s’agit d’éduquer et de promouvoir, personne ne peut s’opposer à cela. On n’est jamais assez informé.

Le problème est qu’au coeur de cette politique se trouve un règlement qui interdit l’offre, la promotion, le don ou la vente de boisson énergisante dans les parcs et espaces verts lui appartenant, particulièrement lors des activités, fêtes et festival.

Promouvoir versus interdire… voilà deux approches bien différentes. L’une mise sur l’intelligence d’autrui, l’autre la nie et l’insulte.

Devant la volée de critiques de ses citoyens, la ville s’est vue obligée d’apporter quelques précisions.

  • Seuls les parcs et espaces verts, terrains appartenant à la Ville, sont soumis à la règlementation (et non pas les dépanneurs et autres… quand même!);
  • On dit ne pas « vouloir dire aux gens quoi boire ou manger » (pourtant c’est ce qu’on fait!);
  • La ville estime que les boissons énergisantes sont « banalisées » (ça veut dire quoi?) et que leur consommation « inquiète »… (et alors?);
  • La ville rappelle la nécessité d’informer les consommateurs sur les conséquences pour les inviter à la réflexion (mais interdire n’est pas informer : c’est brimer la liberté des gens).

La ville ajoute que contrairement à l’alcool et au tabac, les boissons énergisantes ne sont soumis à aucune règlementation, d’où la nécessité d’agir.

Mais à ce qu’on sache, il n’y pas de réglementation non plus pour les bananes, la gomme balloune et les tablettes de chocolat… la ville doit-elle y remédier aussi?

Aussi, les gens ne sont-ils pas assez intelligents pour faire des choix par eux-mêmes? S’ils peuvent faire des enfants, voter, acheter une maison et occuper un emploi, ils sont sans doute assez grands pour décider par eux-mêmes des liquides qu’ils absorbent, ne pensez-vous pas?

L’aspect le plus délirant de cet argumentaire est quand la ville se targue d’avoir été soutenue « à plusieurs reprises pour son initiative par différentes organisations » en en citant deux, soit l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) et la Coalition Poids.

Or, ces deux organisations ne forment en fait qu’un seul et même groupe, partageant la même adresse et le même financement largement subventionné par l’État et par nos taxes!

Un seul groupe avec plusieurs ramifications dont l’agenda radical passe invariablement par la limitation de la liberté de choix des gens, qu’il s’agisse de taxer les boissons sucrées, prohiber le tabac, interdire les boissons énergisantes, confier la distribution de cannabis à une société d’État, etc.

Belle influence, vraiment! Tout un choix éclairé. Bravo.

Pour finir, citons la conclusion principale d’une vaste étude 84 pages publiée en 2010 par l’Institut national de Santé publique au sujet des boissons énergisantes :

Selon les données consultées, la consommation modérée ou occasionnelle de boissons énergisantes semble présenter peu de risques pour les adultes en bonne santé. Par contre, la consommation excessive de boissons énergisantes et la consommation concomitante avec de l’alcool ou d’autres drogues pourraient entraîner des effets néfastes sur la santé, et ce, à cause de leur teneur en caféine.

Autrement dit, il n’y a pas de problème d’en consommer normalement. Mais d’en prendre 20 de suite pendant une brosse en plus en fumant des joints et autres, c’est une autre histoire. Vraiment… c’est fou ce qu’on apprend.

Eh mais… c’est la même chose pour les bananes… avec en plus toute la question du commerce équitable! Qu’attend-t-on à la ville pour les interdire aussi dans ses parcs et festivals???

Manger 20 bananes de suite et oui, vous tomberez sans doute malade. Mais est-ce une raison valable pour les proscrire?

DepQuébec

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